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Divorce -Polygamie
"La
polygamie a été mentionnée à deux reprises
dans le Coran (sourate Al-nissa 2 et 129). Dans le premier verset, la polygamie
est autorisée pour éviter l'injustice, dans le second il
est affirmé que le polygame, quelque soit sa bonne volonté,
ne peut être qu'injuste "vous ne parviendrez jamais à être
équitables entre vos femmes quelle que soit votre bonne volonté"(129).
Par ailleurs, la femme peut elle même refuser la polygamie, il suffit
qu'elle en fasse une condition au moment du mariage".
(Extrait
de "Guide des droits de la femme en Mauritanie", réalisé
par MINT ABDEL WEDOUD, Irabiha avec la collaboration de l'Imam OULD TAH,
Hamden et le concours financier de l'Ambassade des USA à Nouakchott-p.8).
"Le
divorce est devenu un acte fréquent -pour ne pas dire banal- dans
notre société. L'enquête mauritanienne sur la fécondité
de 1981 montre que 31% des premiers mariages finissent par etre rompus.
Comparativement à d'autres pays arabes ou africains (Maroc, Tunisie,
Syrie, Sénégal...), la Mauritanie détient un taux
d'instabilité des unions très élevé. Ajoutons
à cela qu'en Mauritanie, une union n'est jamais définitive,
il n'existe aucune durée-seuil au-delà de laquelle on peut
considérer que le mariage ne pourra plus être rompu, comme
cela a pu être identifié pour d'autres pays. Au contraire
plus le temps s'écoule, et plus le risque de dissolution du mariage
par divorce augmente (64,5% des premiers mariages contractés il
y a 30 ans ou plus sont rompus par divorce, quand cette proportion est
de 18,7% seulement parmi les mariages conclus il y a 5 ans).
Le
divorce ne touche pas toutes les ethnies dans les memes proportions. C'est
dans la société maure que le pourcentage des femmes enquêtées
(femmes non célibataires âgées de 18 à 50 ans)
divorcées est le plus élevé (20% des femmes hassanophones
étaient divorcées au moment de l'enquête, contre 3%
chez les négro-mauritaniennes). La faiblesse du pourcentage de femmes
divorcées chez les négro-mauritaniennes est à mettre
en relation avec le rôle de la polygamie dans cette partie de la
population nationale (36% des femmes pulaar, 50% des femmes wolofs, 53%
des femmes soninkés sont mariées à un homme polygame).
Dans
la société maure, où le phénomène de
polygamie est rare, les divorces suivis de remariages consituent une forme
de polygamie dans le temps, ce qui expliquerait, entre autres, la forte
proportion de femmes divorcées au sein de cette composante de la
population".
("Le
divorce roi...", OULD SIDI, Mohamed in ESPACE CALAME, n°5, mai 1994)
"Concernant
la rupture de la relation matrimoniale, la répudiation unilatérale
reste une prérogative exclusive de l'homme. Cependant, il faut remarque
l'APEF tend aujourd vers des innovations comparées aux pratiques
sectorielles en vigueur.Le divorce judiciaire en particulier accorde à
la femme une plus grande marge de manoeuvre notamment en cas de sevices
ou de violences subies".
(Rapport
de l'atelier "Femmes, équité et droits"-avril,1999- p.9).
"L'UNICEF
a financé une étude, en 1990, sur les problèmes et
les besoins des femmes des kebbas (quartiers périphériques)
de Nouakchott. Sur 340 ménages interrogés, 153 étaient
dirigés par des femmes, soit 45%, celles-ci étant divorcées,
veuves ou célibataires.Parmi les femmes mariées, 39% avaient
contracté de deux à cinq mariages et pour le tiers de l'échantillon,
la durée du mariage variait entre un et cinq ans ; 62% des femmes
se sont mariées avant l'âge de 16 ans".
("Petites
commerçantes de Mauritanie", SIMARD, Gisèle, éd. ACCT-Khartala,
p.102,)
En
milieu Pulaar
(…)
C’est ainsi que dans le milieu négro-africain le divorce est très
mal perçu et entraîne aussi bien la dévaloristion de
l’homme que celle de la femme mais nous insistons surtout sur celle de
la femme. En effet, une femme divorcée est perçue comme un
être en transition qui doit se faire belle en attendant de trouver
un nouveau conjoint. C’est dire qu’il s’agit là d’une parenthèse
sociale qui doit se refermer le plus rapidement possible par la conclusion
d’un nouveau mariage. Jusque là, il n’y a rien d’inquiétant
ni d’alarmant. La société commence à émettre
un jugement dévalorisant si la même femme est de nouveau divorcée,
comptabilisant ainsi plusieurs mariages. Elle est dès lors perçue
comme une femme légère ou ayant une tare qui la rend inapte
à vivre en foyer conjugal. Elle peut traîner cette mauvaise
réputation sa vie durant, meme si sa responsabilité n’est
pas engagée lors du divorce. IL sera reproché à
l’homme son manque de patience. Le mariage est perçu comme une école
de la vie qui requiert une hauteur de vue et un certain détachement
par rapport au quotidien des femmes. Mais le plus grand perdant dans tout
cela est l’enfant meme si de par certaines valeurs, l’enfant ne connaîtra
jamais la solitude.
(Extrait
du mémoire de maîtrise « La perception de la maternité
chez la femme mauritanienne », préparé et soutenu par
BEN MOUSSA, Zohra, 1995-1996, p.35)
"(...)
Il va de soi que le polygame ou le candidat-polygame, est déjà
"possesseur" au moins d'une compagne. Ecoutons nos vieux, véritables
archives : "A l'origine, en termes clairs, dès l'aube de l'histoire
de l'humanité, le naouligou (3) avait maints avantages, même
pour les femmes, assure-on. Pour organiser la sécurité du
groupe, entreprendre la chasse, la cueillette, la pêche, l'homme
avait chaque jour besoin de co-équipiers de plus en plus nombreux.
Sans conteste, un combat requiert le concours de tous, une collectivité.
Une collectivité s'improvise-t-elle? Soulignons que, même
en temps de paix, les femmes ont toujours été plus nombreuses
que leurs frères. Faibles, moins exposés par bonheur, la
gent féminine devenue sans terder légion (à l'abri
des expéditions guerrières) ne pouvait de toutes manières
s'opposer au modus vivendi qu'est la polygamie "naouligou" en peul. Ne
dit-on pas que la courtoisie, les bonnes manières (ajoutez les superstitions)
interdisent de tirer sur une femme. Tuer une femme, pour un combattant,
c'est s'attirer immanquablement la défaite.(...)Une co-épouse,
assurent nos femmes, préfère ingurgiter une braise, voire
tout un foyer que d'avoir à vivre dans une concession polygame,
mais contre le mauvais sort, l'on se résigne. Disputes, jalousies
à peine déguisées, en règle générale
la haine y bouillonne sans arrêt, ce qui engendre parfois des crimes,
des brouilles continuelles entre les enfants pour peu que leur papa soit
pusillanime".
En milieu Maure
(…)Phénomène
fréquent dans la société maure, le divorce est un
fait social conséquent néfaste pour tous les acteurs sociaux.
A savoir l’homme, l’enfant et la femme. Cet acte qui secoue tout le tissu
social est curieusement source et élément de valorisation
de la femme maure. Si dans le milieu négro-africain une mauvaise
perception poursuit la femme aux nombreux mariages, il en est autrement
du milieu beidane (maure). La fréquence du divorce voulu surtout
pour la femme traduit son désir de quête d’une renommée.
Elle se positionne comme un être recherché, en vue et constitue
source de tensions et de rivalités masculines. C’est ainsi que la
femme maure, pour se valoriser vous dira qu’elle a eu un chapelet de maris,
tous issus de grandes familles et de chacun qu’elle a eu, elle a eu un
héritier. Dans une société où la tribu est
une réalité concrète et vivante, la femme aux nombreux
héritiers se voit liée à toutes les tribus et entretient
un faisceau de relations sociales qui lui confère un réel
poids social. Il faut essayer de dégager, en dehors des ces considérations
traditionnelles, quelles sont les causes de divorce en milieu maure ?
a)
L’âge juvénile de la femme lors de son premier mariage est
source de tensions. En effet le marié s’attend à avoir en
face de lui une épouse épanouie et capable de s’acquitter
de l’ensemble de ses obligations conjugales. La surprise est grande devant
l’immaturité de cette femme très jeune. C’est dire que le
mariage précoce est un facteur important dans les causes de divorce.
b)
Il est surtout accentué par la primauté des valeurs matérielles.
Les parents de la jeune filles ferment les yeux devant l’âge du prétendant,
l’essentiel est qu’il soit capable de donner une dot importante et faire
un mariage pompeux. Les vertus du foyer conjugal sont rejetées aux
calandres grecques. La prédominance de l’argent fausse les liens
matrimoniaux. Mais cette primauté des valeurs matérielles
fait surtout des ravages en milieu urbain où le goùt du luxe
et du confort ont prise des proportions démesurées et inquiétantes.
La femme, pour se valoriser doit avoir une voiture, des bijoux, être
accompagnée d’une cour dont l’entretien coûte très
cher.
c)
Cet état d’esprit entraine le non respect des valeurs conjugales
à savoir l’infidélité. Ce comportement ébranle
la confiance au sein du couple. N’oublions pas qu’il s’agit du fondement
de la vie conjugale. En milieu urbain les tentations sont telles qu’il
est difficile à une femme de résister.
d)
Les exigences de la vie urbaine à laquelle les familles ne sont
pas encore préparées. En feffet la Mauritanie a connu ces
deux dernières décennies une secheresse permanente qui a
profondément bouleversé le tissu social et c’est par la dislocation
des strucutures socio-économiques. Il s’en est suivi un exode rural
massif jetant des familles entières mal préparées
à vivre dans les centres urbains. Le père de famille n’arrive
pas à subvenir aux besoins de sa famille et la précarité
s’installe. Il s’en suit un éclatement de la cellule familiale.
Les difficultés économiques telles que le divorce s’impose
de lui meme. La femme se voit livrée à elle même,
sans qualification, elle sera l’objet de toutes les provocations possibles.
Il faut ajouter à cela :
e)
Le coût du ménage qui devient de plus en plus exorbitant.Les
difficultés économiques empoisonnent l’atmosphère
du climat familial. La précarité ôte toute possibilité
d’épanouissement, suscite des tensions aux conséquences néfastes
pour les enfants et il faut noter cette absence de communication entre
les conjoints est source de malentendu qui est dû au :
f)
Fait que les conjoints ne se connaissent guère avant le mariage.
Il faut quand même observer une certaine évolution des mentalités
à ce niveau surtout au sein des élites et des jeunes. Le
mariage devient dans cette frange de la population, une affaire de
sentiment. Les deux conjoints se fréquentent régulièrement,
apprennent à se connaître et ce généralement
avec la bénédiction des parents surtout dans les milieux
urbains. IL reste que l’absence de communication avant le mariage est en
soi une source de malentendu. Un malentendu qui s’amplifie surout si
g)
L’écart d’âge entre les époux est trop grand. Il s’en
suit un conflit de génération qui se manifeste par un désir
d’émancipation, une forte aspiration d’ouverture à la
modernnité que le mari considère comme un affront à
son autorité. Il verrouille tout et installe la femme dans une situation
instable caractérisée par un emprisonnement déguisé.
La femme tente de fuir mais généralement cela n’aboutit pas
car le milieu urbain est souvent hostile aux fugues surtout si le mari
est un nanti.Devant l’entêtement de la femme, l’époux peut
utiliser tous les moyens y compris :
h)
La brutalité physique ou violence verbale à l’encontre de
l’épouse entrainant à long terme, la dislocation de la cellule
familiale car la femme baigne dans un environnement hostile (…).
i)
La polygamie est peu pratiquée mais elle est surtout compensée
par la fréquence des mariage. En effet, on note un nombre élevé,
dans ce milieu, des hommes qui sont à leur troisième noces.
Une telle pratique n’est possible que si les liens matrimoniaux sont élastiques.
En effet la polygamie entraine le divorce automatique parce que la femme
ne pouvant tolérer, ni accepter la présence d’une seconde
épouse. Ainsi donc l’homme qui veut se remarier doit faire un choix.
Il faut noter la présence d’un environnement qui facilite vraiment
la tâche de celui qui veut divorcer.
La
maladie de l’un des conjoints peut entraîner la rupture du lien matrimonial,
surtout si cette maladie rend l’un des conjoints pratiquement inapte
à vivre dans une cellule familiale. L’aliénation est souvent
un cas insurmontable qui entraîne la dislocation du foyer. (…)".
(Extrait
du mémoire de maîtrise « La perception de la maternité
chez la femme mauritanienne », préparé et soutenu par
BEN MOUSSA, Zohra, 1995-1996,).
"(...)Par
ailleurs, la societé maure ne condamne guère la femme dès
son jeune âge à la réclusion et à la négation
sociale, ni même ne la relègue dans les limites de l'espace
domestique, pas plus qu'elle n'est maintenue dramatiquement dans une sorte
des soumission passive et irrémédiable.
En
Mauritanie, ni dans la societé traditionnelle et encore moins aujourd'hui,
cette obesssion de la réclusion féminine n'est dominante.
En effet, ici, l'horizon des prérogatives féminines est autrement
plus large et il n'est guère établi nulle part que la femme
doit être systématiquement soumise, ni même qu'il doit
y avoir une valorisation excessive de la subordination féminine.
Celà se vérifie d'ailleurs aisément sur le seul
plan des relations matrimoniales où les normes islamiques qui attribuent
beaucoup de pouvoir à l'homme ne sont guère observées
: en ffet, par exemple, il y a une réelle mobilité des destins
matrimoniaux dont les femmes ont plus ou moins la parfaite maîtrise,
en tout cas davantage que dans n'importe quelle autre societé musulmane.
La répudiation ici n'est pas le fait exclusif de l'homme et la femme
a toute latitude à mettre fin à son mariage et, dans ce cas,
les hommes n'ont que peu de recours contre les épouses si celles-ci
ont décidé de divorcer et ne peuvent qu'exceptionnellement,
les contraindre à rester.
(...)
De plus, la polygamie pourtant autorisée par lIslam est ici refuée
avec succès par les femmes qui ont réussi à en faire
une pratique parfaitement marginale et socialement reprouvée". (Extrait
de "Femmes et societés en Mauritanie", de OULD AHMED SALEM Zakaria,
paru dans la revue ALMAWQIB ALTHAQAFI, n°6-7-8).
"(...)
Et contrairement à ce que l'on peut observer dans la plupart des
pays arabes, les Mauresques divorcées ne subissent aucun ostracisme.
Certaines jouissent meme, à la cinquième ou sixième
union, d'une réputation assez flatteuse pour faciliter leurs choix
ultérieurs! Comme le plaisir, la liberté est donc, non pas
interdite, mais différée, "à la mauritanienne", et
la loi islamique contournée au profit des femmes, plus qu'elle n'est
violée. Mais quand c'est leur intéret, ces dernières
savent aussi brandir la Chariaa. La règle coranique qui exige du
mari polygame un traitement strictement égalitaire de ses quatres
épouses, elle, doit être respectée à la lettre.
D'où la barre mise assez haut pour que les hommes se voient dissuadés
de s'aventurer dans le mariage multiple". ("Mauritaniennes",
BERTOIN, J. in GEO, n°211, sept.1996, p.56)
"A
l'exception de quelques rares et riches Cheikhs, les Maures sont monogames
: leur vie conjugale égrène un chapelet de tête-à-tête.
Au bout du compte, le nombre y est, mais pas le harem! Et comme les mauresques,
mariées ou non, conservent leur vie durant le nom de leur père
("Mint" signifie "fille de"), elles n'en supportent que mieux les à
coups de leur vie conjugale et n'hésitent pas à sanctionner
le mari volage avec qui elles conservent d'ailleurs souvent par la suite
des rapports amicaux. Dès lors qu'est accompli le hadith selon lequel
"il n'aura point de célibataire au paradis", bien des accommodements
deviennent possibles avec le Coran...La place de la femme est donc à
son foyer, comme il va de soi en terre d'Islam. On montre, dans l'ancienne
ville étape caravanière de Oualata, les passages secrets
qui lui permetaient de passer d'une maison à l'autre sans être
vue. Aujourd'hui encore, de vieux imams ronchonnent au spectacle de ces
femmes qui circulent en plein jour quand l'usage leur intimait de ne sortir
qu'avant le lever soleil. Mais la tête des nomades ne se prêtait
pas à faire vivre la mauresque en recluse dans ses appartements
et c'est donc, aujourd'hui encore, la totalité de la maison qui
lui est ouverte".("Mauritaniennes", BERTOIN,
J. in GEO, n°211, sept.1996, p.56).
La
société mauritanienne est une société étrange
qui cohabite avec fierté et satisfaction avec le phénomène
du divorce malgré ses effets négatifs et ses mauvaises conséquences.
L’homme
épouse la femme alors qu’elle est une fleur épanouie, en
pleine jeunesse avec son charme et sa volupté. Elle le sert, lui
sacrifie sa beauté et sa force et lui donne le plus cher dans la
vie « les enfants ». Mais quand il pense au divorce, il oublie
tout cela ! Il oublie l’histoire qu’ils ont partagée ensemble !
Ni les enfants, ni la cohabitation n’y font rien ! Il jette tout cela par
dessus bord !
La
société ne voit aucun mal dans l’acte de cet homme et ne
le dénonce meme pas. Ainsi l’homme quitte-t-il une femme avec sept
enfants innocents, privés de l’affection paternelle et vivant orphelins
alors que leur père est en vie. D’ailleurs la société
bénit cette mesure, l’accueille de nouveau à bras ouverts
et lui donne le choix entre ses jeunes filles pour recommencer le même
jeu !
Il
n’y a aucun mal si cet homme est vieux. Le poète Kaber Hachem dit
dans son poème susmentionné, décrivant le mari qui
a floué la jeune fille !
Le
mari est vieux
Aux
cheveux blancs du fait des ans
Il
a perdu toutes ses forces
Tellement
il est âgé
Après
tout cela, l’homme n’a-t-il pas le droit à la joie ? En particulier
quand la misérable femme et son pauvre oncle supportent les frais
nécessaires pour élever et éduquer les enfants.
(…)Le
proverbe mauritanien dit « L’homme est un collier qu’une femme enlève
et qu’une autre porte ». Il est original dans la société
mauritanienne ancienne et dans certaines sociétés rurales
conservatrices de constater l’interdiction morale à la femme de
s’attribuer une partie des biens de son mari. Ainsi dit-elle toujours «
leur maison », « leur tente », « leurs vaches
» et ne peut jamais appeler sa maison conjugale « notre maison
».
Si
cela constitue une pudeur acceptable, il lest dû à la perception
par la femme du caractère inévitable du divorce et de la
fin de la vie conjugale dans un proche avenir. Par conséquent, elle
doit s’habituer à cela, de sorte que si le divorce intervient elle
ne se trompe pas en s’attribuant une partie des biens de son ancien mari,
ce qui lui donnerait un sentiment de gène et de déception
!
Le
taux de divorce est élevé en Mauritanie et atteint 37%. Et
bien qu’il n’existe pas jusqu’à présent une étude
sociale approfondie du phénomène du divorce, la société
s’accorde sur deux causes essentielles qui en sont souvent l’origine :
le désaccord personnel des époux pour des raisons socio-économiques
et l’ennui qui consitue la cause de plus de 70% des cas de divorce ».
(Extrait
de "Femme mauitanienne : dualité de l'harmonie et la mésentente"
de MINT MEILOUD, Hawa, 2001, p.58-59)
En milieu Soninké
"(...)Dans
tous les cas de répudiation, le mari signale par sa démarche
qu'il renonce à récupérer les dépenses qu'il
a engagées pour le mariage. La dot et la valeur des cadeaux faits
à la belle-famille leur restent acquis. Le beau-père est
même en droit, s'il juge la procédure vraiement abusive, de
demander une deuxième dot (compensation du préjudice moral
causé à sa fille).Il n'en est pas de même pour la procédure
du divorce qui consiste à rompre le lien conjugal en invoquant une
raison socialement admise de la rompre. Les représentants des deux
familles vont présenter leurs griefs devant un arbitre (chef du
village, mange, ou naxamala, selon la caste des plaignants). Si les torts
du mari sont reconnus, il abandonnera la dot. Si les torts reviennent à
la femme, sa famille devra rembourser son mari. La procédure de
divorce est forcément une longue attente et semée de longues
négociations sur les modalités du remboursement eventuel.
Cet espace de temps laisse la place à toutes sortes d'interventions
de conciliation. Néanmoins, les divorces sont effectivement relativement
fréquents, qu'ils aient été reclamés par l'homme
ou par la femme".("Parlons soninké",
GIRIER Christian, ed.L'harmattan,p.211 1996).
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